Et pendant que le monde politique s’écroule…

Il était une fois, dans le monde étrange des Bisounours… Oh et puis, y’en a marre d’entendre cette expression à tour de bras ! Ressentir, croire, espérer en un monde meilleur n’est pas forcément une tare ! Il était plutôt une fois dans un monde désespéré… Ah non… ça ne va pas non plus.

Pendant que je cherche une introduction digne de ce nom à ce nouvel article, 25 personnes sont mortes suite à de mauvaises décisions politiques prises à cause de la corruption dans les 50 kilomètres qui entourent mon habitation. Et oui ! La corruption tue… Comme tout d’ailleurs, car au fond nous sommes tous amenés à perdre la vie. Et, dans ce monde en quête de non sens, il est aisé d’expliquer l’inexplicable mort par des faits plus ou moins associables sans pour autant qu’ils soient réellement pertinents. Car au fond, ce qui compte, c’est l’émotion que nous procurent ces explications, ce sentiment que tout est résolu, en bout de course. Là où il n’y a rien d’autre à faire que de se morfondre. Là où il n’y a rien d’autre à expliquer.

Et pourtant, c’est trop tard. La mort, la fin, la conclusion… Tout ça, c’est pour la plèbe affamée en quête d’amour, en mal de sens. Et pourtant… les mystères trouvent leurs explications dans les faits, dans un contexte et dans leur genèse. Et pourtant, trop souvent on regarde le doigt qui montre l’arbre qui cache la forêt sans se rendre compte que ce n’est pas le doigt qui pue la merde mais que c’est bien l’humus de la foret qui nous incommode.

Aujourd’hui, le mot crise est associé à toutes nos sphères de vie : privée, professionnelle, politique. Notre monde en crise réclame du sang. Quoi de plus facile que de lui donner en pâture, dans l’arène, quelques starlettes de télé-crochet, quelques vedettes de réalité alternative télévisuelle ou quelques politiciens forcément véreux et malveillants. Ainsi s’accroît ce sentiment que nous sommes abandonnés. L’amour devient une fable consumériste. La foi devient une tentation extrémiste. La politique est obligatoirement un aveu de corruption. Et notre dérive nous emporte au cœur d’un océan tourmenté, entre Charybde et Scylla. Nous souffrons de ne pas pouvoir agir et nous pensons que nos révoltes, certes légitimes, sont les seules issues possibles face à l’inertie de la masse que l’on accable et dont nous faisons partie. Cependant, tout est dans la manière.

Depuis que vous avez commencé à lire cet article, trois personnalités politiques ont accepté de se laisser corrompre pour pas grand chose. Mais au fond, est-ce ça qui est important ? Ce moment où leur choix est fait implique qu’il est déjà trop tard. Intéressons nous plutôt à la genèse et aux conséquences. Faisons coïncider ces deux éléments dans une perverse équation et interrogeons-nous : à qui profite cette équation.

Si notre classe politique d’aujourd’hui semble être dénoncée sans cesse, de scandales en scandales, qu’est-ce que ça nous évoque ? Tous pourris, bien sûr. Et qu’est-ce que ça provoque : le désamour. Le désamour de la politique, du politicien, du système, de la démocratie, de l’intérêt de s’impliquer ? Découragé, on met tout dans le même sac, dans le même bain d’égout dans lequel se baigne un bébé nauséabond potentiellement corruptible. Certes, il est plus que temps de passer à autre chose. Mais notre révolution ne pourra pas se faire si nous manquons de discernement. Détester la politique, c’est faire de la politique et si on s’en rend compte que va-t-il se passer ? Allons-nous nous détester nous même pour en avoir fait malgré nous ? Probablement… Et cette détestation de soi nous poussera vers quoi ? La déchéance, la chute, le côté obscur, la corruption ? Un véritable cercle vicieux dans un espace que l’on souhaite vertueux.

coucou

Pour faire une bonne révolution, il faut commencer par faire coucou à tante Églantine.

Nous ressentons le besoin de glisser vers notre déclin, attirés par le vide. Pendant des décades, notre vertu et nos illusions ont été sapées par d’autres dont les intérêts n’étaient pas ceux de la collectivité ou qui œuvraient au bienfait de l’humanité. Le cynisme nous a tous contaminés, tous corrompus. Esclaves de nos addictions : sucre, alcool, sexe facile, clavier, tablette, célébrité et bien sur et surtout notre orgueil. De nos paradis artificiels qui nous conditionnent, de nos états larvaires éternels, les chrysalides sont reléguées au rang de mythe. Les papillons sont devenus des légendes suspectes. Nos rêves brisés sont devenu plus admirables que nos idéaux. Nous déchantons faux et nous répétons ces litanies aux générations qui vont nous succéder. Pour ne pas passer pour des imbéciles heureux, nous prophétisons le pire, jamais le meilleur. La dystopie fataliste est devenue notre credo. A l’image d’un être humain dont le cœur a trop de fois été brisé, nous sommes asséchés. L’eau croupie et l’alcool ont un meilleur goût que l’eau de source. La douleur devient une sensation recherchée car elle nous semble plus vraie et plus intense qu’une caresse. En proie à ce besoin de sensation exacerbée, nous accentuons notre désir d’autodestruction et nous continuons à nous compromettre sans arrêt dans des comportements devenus notre norme. Nous sommes souillés.

Le personnage politique c’est nous. C’est notre reflet. Nous avons perdu la foi en ce monde asphyxié par le profit. Nous avons l’impression de ne plus avoir aucune prise sur notre destinée. Et pour échapper à cette pression trop forte, nous nous compromettons à chaque minute. Nous sommes l’affliction de ce monde. Et ceux qui sont envoyés dans l’arène médiatique n’ont finalement commis qu’un seul crime : avoir eu la naïveté de croire en quelque chose, une fraction de seconde… et l’heure d’après, d’imaginer tous les profits qui pourraient en découler… ou pas. Cette deuxième partie ayant autant de variables qu’il y a d’être humains sur cette planète.

Se plaindre au lieu d’agir car nous avons l’impression que c’est la seule marche de manœuvre qu’il nous reste. Car si nous faisons plus, nous risquons de devenir nous aussi des politiciens et donc nous serons encore plus corrompus. Et pourtant, si nous sommes tous d’accord pour dire que ce monde doit se transformer en autre chose, il faudra bien des hommes et des femmes de conviction pour s’engager de quelque manière que ce soit, pour permettre à cette métamorphose de nous être salutaire. Cependant, tout est dans la manière.

Car sans nous en rendre compte, nous sommes les spectateurs/acteurs d’une guerre entre le bien et le mal, cet éternel schéma manichéen. Et, en vérité je vous le dis, cette guerre dépasse le stade du combat politique ou de la finance ou encore la « vraie » guerre meurtrière et sale du moyen orient ou d’une autre contrée… Cette guerre ne se fait pas avec des fusils, des canons, des billets de banque ou des promesses idéologiques partisanes. Cette guerre se fait avec un choix que nous devons tous faire en permanence; le choix entre deux états d’esprit : y croire ou renoncer.

Et ces choix sont bien au-delà de l’opposition simpliste entre les idéalistes et les cyniques ou encore les rêveurs et les réalistes. Cette guerre, c’est autre chose. Et son enjeu c’est : quel loup va-t-on nourrir ?

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de politique, il s’agit de nous. Et même si tout semble nous accabler, il ne s’agit pas de plonger dans les ténèbres pour se ranger du côté de ceux qui ont peur d’être déçus, qui ont peur d’être blessés, mais bien d’alimenter cette étincelle de lumière que l’on aperçoit du fond de notre chrysalide. Il faut pousser la tête vers l’avant. Il faut croire à cette transformation, croire en ce qui sera le mieux pour nous. Sans forcément s’attendre à découvrir un monde parfait mais bien un monde en quête de perfection.

Les scandales politiques, agro-alimentaires ou financiers nous poussent à rester au fond de notre chrysalide. L’arbre ne cache pas que la forêt, il cache aussi la lumière. Au fond de cette chrysalide, nous étouffons, les uns sur les autres. Nous nous déchirons, les uns contre les autres et nous oublions de regarder dans une seule et même direction. Notre convergence sera notre salut. Notre foi en l’humanité sera notre victoire.

Bien sûr, vous n’êtes pas obligés de croire à tout ceci. Ce ne sont jamais que les tergiversations d’un humain, souvent considéré comme un idéaliste parmi tant d’autres. A vous de vous faire votre propre opinion car au final, tout ceci n’est jamais qu’un blog.


Les deux loups (Légende Cherokee)

Un vieil homme racontait à son petit-fils : à l’intérieur de chaque être humain il existe deux loups, entre lesquels se déroule un combat constant.

L’un est méchant. Il ne connaît que la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le chagrin, l’avarice, l’arrogance… L’apitoiement et un sentiment d’infériorité le poussent au ressentiment, au mensonge et à la vanité.

L’autre est bon. Il connaît la paix, l’amour, l’espérance, la sérénité, l’humilité, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi.

Le petit-fils réfléchit un peu, puis demanda à son grand-père : “Quel loup remporte le combat, grand-père ?” Le vieux Cherokee répondit aussitôt : “Celui que tu nourris !”


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