Le sexe coincé dans une boîte de Pétri

« Quand l’amour est une cage et le sexe un petit oiseau, il ne faut pas s’étonner de trouver que notre semblant de bonheur est parfois un peu trop court. » (Aristide Bruant, 1869)

C’était un mardi. Pourtant nous sommes dimanche. D’après une enquête de l’industrie de pétrochimie de Vladivostok dans le Wisconsin, le dimanche est le jour préféré des vieux couples pour faire l’amour. Enfin, ceux qui peuvent encore se le permettre. Ceux qui n’ont pas encore subi la crise des subprimes ou succombé aux conséquences de l’austérité imposée par l’Europe de Kadhafi. Mais, c’était un mardi. Ce couple avait décidé de transiger avec les tristes statistiques et de faire une sieste crapuleuse, comme on l’appelle par chez eux. Déjà ! Comme si faire une sieste agrémentée de coït pouvait être un crime !

Nos deux (enfin deux… on imagine qu’ils sont deux… on ne sait pas exactement à ce stade du récit. On n’a pas vérifié cette info). Nos deux vieux tourteaux avaient donc décidé de faire quelques pas de côté et de goûter aux plaisirs de la faible chaire de crabe et de faire monter leur riche sang dans leurs cerveaux mal irrigués. Ils n’en étaient pas à leur première tentative de remise en question de certains principes fondamentaux de l’humanité trans-hygiènique. Ils avaient pris déjà le parti de considérer que le sexe était une pulsion primale, comme il se doit, au même titre qu’ingurgiter des aliments solides ou liquides, de dormir, courir, marcher et jouer au cricket (uniquement pour les anglais). Mais le sexe était l’ultime étape de leurs expérimentations. Il était temps de désacraliser la carotte de leur passionnante histoire d’amour et de l’extirper de l’armature familiale intrinsèque dans laquelle la culture culpabiliso-judéo-chrétienne l’avait confinée. En effet, d’après Josef Seggfej, célèbre physicien tabouliste hongrois, la construction de l’armature familiale intrinsèque tenait en une formule mathématique simple, voir simpliste : [(A + B) x sexe] / le nombre d’enfants = famille

Il était temps que ça cesse ! La même après-midi, une commission paritaire à parité égale de 25 spécialistes et usagers de « la chose » avait d’ailleurs décidé de plancher là-dessus au tribunal de La Haye sous le haut patronage du professeur Jean-Luc Brighitte. Après une réunion de 2h qui avait commencé avec 55 minutes de retard, un constat rapide fut fait : il était devenu impératif de séparer l’acte sexuel et l’amour, comme ce fut le cas en 1905 pour l’église et l’état.

Faites l’amour, pas la guêpe

Photo volée prise dans un club échangiste de tourteaux de Schweinfurt en Bavière.

Photo volée prise dans un club échangiste de tourteaux de Schweinfurt en Bavière.

Revenons à notre couple de moutons. Ils sont prêts à passer à l’action. L’un a choisi une chambre noire de bonne dans un hôtel miteux du Nord de Berlin et l’autre, le parking des anges, un lieu peu fréquenté à cette heure de la nuit. Ils y sont depuis vingt minutes et ils attendent que quelque chose se passe. Mais, il ne se passe rien. Pas d’amant surgissant de l’armoire de la chambre à découcher; ni de polichinelle attaché façon bondage surgissant du coffre du 4×4 citadin sexy stationné à côté. Pas même un pet de lubricité dans l’œil du steward de l’hôtel à l’odeur rance outrancière; ni d’ondulation de phéromone sur le galbe du lobe de l’oreille de la crémière qui finissait en retard son service au supermarché d’à côté, lui aussi, et reprenait sa voiture, par derrière parce qu’elle n’avait plus que la clé du coffre.

Après deux heures d’attente, le petit porcelet lubrique en mal d’amour quitta le parking la queue en tire bouchon entre les jambes. Tandis que sa rousse sulfateuse de femme attendit encore les douze coups de minuit sans pouvoir en tirer un seul avant de ravaler sa frustration faute d’autre chose. Fin du fantasme et retour à la vie traditio-rationnelle.

Sur le chemin du retour, au volant de sa vieille Taudi 802 volée, siège en cuite sur deux chevaux moulinés à la fraise, il se remémorait la passion qui animait alors le jeune couple copulant qu’ils formaient bien des années plus tôt :

([Passion x Sentiments] x Sexualité Satisfaisante) / 2 ans = Intensité de la relation
(Intensité de la relation / 7 ans) >< Décroissance exponentielle => Facteur X de la dernière année = Capital Garanti près à investir dans un nouveau cycle (ou pas)

A nouveau, le mathématicien Josef Seggfej avait proposé une équation plus que simpliste.

Faites l’amour, pas la crêpe

De retour à la maison, ils se croisent, l’œil ringard et rincé sans Ricard mais assoiffés par le mal de l’attente du petit bout de la lorgnette du couloir. Décidés à noyer cette frustration, ils décident de plonger tour à tour dans un nombre illimité de paradis artificiels et fiscaux : drogue et alcool pour commencer par des softs, suivis par un cocktail concentré chocolat-café-sucre-hamburger (au beurre), quelques cigarettes électroniques allumées au chalumeau et, pour finir, une partie de cache-cache virtuel sur le dernier jeu acheté le mois d’avant pour la vieille console du salon.

Il ne leur restait plus alors qu’à se foutre à poil et entamer une partie de dé-strip-Uno. Le premier rhabillé avait perdu sa dévirginité. Je relance de 10 et j’ajoute un hôtel sur la rue de la Paix des ménages. Ce couple judéo-chrétien sexuellement décomplexé favorable aux codes sociaux, nourri de silences qui blessent et d’enfants pâtissiers un peu tarte (car les études universitaires, il n’y a plus que des débouchez-moi l’évier), est arrivé au bout du petit bout de la lorgnette, vu de travers à travers le prisme de l’iris diminué laissant place à leurs pupilles dilatées.

La partie est bel et bien terminée. Alors, tout s’effondre : la maison tombe en ruine, les factures tombent en règle. Accroché à la cuvette des chiottes après l’effondrement du sol de la salle de bain, un dernier payement électronique de facture de téléphone sur son smartphone, il crie au secours. Elle, elle file chercher les clés de la Taudi décapotable volée. Il chute. Elle fonce. Il tombe mais le siège baquet est molletonné comme un essuie-tout pragmatique. Et, elle lui a sauvé les miches.

alcool

Nous n’avons malheureusement pas trouvé sur Internet de photo de personnes dénudées en train de copuler pour illustrer cet article. Nous nous contenterons de ces bouteilles habillées.

Fonçant à 35 à l’heure de coucher les enfants abandonnés dans les ruines de leur détruit nid douillet, le couchant du soleil se levant d’autre part, ils s’éloignèrent jusqu’à ce que le véhicule, en bout de course ne les lâche lâchement pour aller vivre sa vie avec le 4×4 citadin sexy sorti de l’entretient chez un concessionnaire véreux. Il ne leur restait plus que leurs pieds pour pleurer et s’enfuir vers une autre vie incertaine.

Cent ans plus tôt, tout ce petit monde se serait contenté d’être cocu et de passer à autre chose mais, dans notre monde moderne, le sacro-saint amour de série B, élevé au rang de religion monogamique, avait eu raison de leur santé mentale et, leurs cerveaux s’envolant au vent s’éloignaient sans fin et sans importance car, au fond, si dans le ciel tout semble irréel, sur terre, par contre, tout semble tellement trop ordinaire. Et si tant est que vous pensiez vous même vous inspirer de cette expérience déconcertante, avant de vous y jeter à corps et à cœur perdus, n’oubliez jamais, amis internautes, que tout ceci… oui, tout ceci, ça n’est jamais qu’un blog !


En lire plus sur le sujet : http://lesfessesdelacremiere.wordpress.com

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